Naviguer dans la complexité de la conformité en matière de paie et de fiscalité est un aspect crucial de l'emploi de personnes en Colombie. Le système fiscal du pays comporte des obligations tant pour l'Employer of Record que pour les employés, englobant les cotisations sociales, la retenue à la source de l'impôt sur le revenu, et diverses exigences de reporting. Comprendre ces réglementations est essentiel pour garantir la conformité et éviter d’éventuelles pénalités.
Le cadre fiscal colombien est principalement supervisé par la Dirección de Impuestos y Aduanas Nacionales (DIAN). Il fonctionne sur une base d'auto-évaluation pour l'impôt sur le revenu, les employeurs jouant un rôle significatif dans la collecte des taxes via des mécanismes de retenue obligatoire. Les cotisations sociales sont gérées par un système impliquant différentes entités responsables de la santé, des pensions et d’autres prestations sociales. Pour 2026, bien que la structure fondamentale reste inchangée, certains seuils et valeurs, notamment ceux liés à l'Unidad de Valor Tributario (UVT), seront mis à jour par la DIAN vers la fin de 2025. Les informations fournies ici sont basées sur le cadre juridique actuel prévu pour 2026, en utilisant les valeurs UVT les plus récentes disponibles à des fins illustratives si nécessaire.
Obligations de l'Employer of Record en matière de sécurité sociale et de taxe sur la paie
Les employeurs en Colombie sont responsables de contribuer à plusieurs fonds de sécurité sociale et parafiscaux pour le compte de leurs employés. Ces contributions sont calculées sur la base du salaire mensuel de l’employé, jusqu’à un plafond maximum, généralement fixé à 25 fois le salaire minimum ou 25 UVT, selon la contribution spécifique.
Les principales contributions de l'employeur incluent :
- Santé (EPS - Entidad Promotora de Salud) : Les employeurs contribuent un pourcentage du salaire de l’employé au système de santé.
- Pension (AFP - Administradora de Fondos de Pensiones) : Les employeurs contribuent un pourcentage du salaire de l’employé à leur fonds de pension.
- Fonds de Subvention Familiale (Caja de Compensación Familiar) : Les employeurs versent un pourcentage à ces fonds, qui fournissent des prestations sociales aux employés et à leur famille.
- SENA (Servicio Nacional de Aprendizaje) : Contribution au service national de formation.
- ICBF (Instituto Colombiano de Bienestar Familiar) : Contribution à l'institut national de bien-être familial.
- ARL (Administradora de Riesgos Laborales) : Contribution à l’assurance contre les risques professionnels. Le taux varie selon le niveau de risque associé au poste de l’employé.
Certains employeurs peuvent être exempts de contributions au SENA et à l’ICBF, ainsi que d’une partie de la contribution santé, s’ils remplissent des critères spécifiques liés aux niveaux de salaire des employés (par ex., employés gagnant moins de 10 fois le salaire minimum) et s’ils ne sont pas soumis à l’impôt sur le revenu selon le régime fiscal spécial (Régimen Tributario Especial).
Voici un aperçu général des taux de contribution typiques des employeurs (basé sur la loi en vigueur prévue pour 2026, susceptible d’évoluer) :
| Type de contribution | Taux employeur | Taux employé | Plafond de salaire de base (approx.) |
|---|---|---|---|
| Santé (EPS) | 8.5% | 4% | 25 UVT / 25 salaires minimums |
| Pension (AFP) | 12% | 4% | 25 UVT / 25 salaires minimums |
| Fonds de Subvention Familiale | 4% | 0% | 25 UVT / 25 salaires minimums |
| SENA | 0% ou 2% | 0% | N/A |
| ICBF | 0% ou 3% | 0% | N/A |
| ARL (Risques professionnels) | 0,522% - 8,7% | 0% | 25 UVT / 25 salaires minimums |
| Fonds de pension solidaire (FSP) | 0% | 1% - 2% | > 4 salaires minimums |
Remarque : Les taux pour le SENA et l’ICBF peuvent être de 0% pour les employeurs remplissant les critères d’exemption mentionnés ci-dessus. Le taux ARL dépend du niveau de risque (I à V). Le fonds de pension solidaire est une contribution de l’employé pour les revenus plus élevés.
Ces contributions sont généralement versées mensuellement via le système de la Planilla Integrada de Liquidación de Aportes (PILA).
Exigences en matière de retenue à la source de l'impôt sur le revenu
Les employeurs doivent effectuer une retenue d’impôt à la source (Retención en la Fuente) sur le salaire mensuel de leurs employés. Cette retenue constitue un acompte sur la responsabilité fiscale annuelle de l’employé. Le calcul repose sur le revenu imposable mensuel de l’employé, en appliquant un barème progressif.
Le revenu imposable est déterminé après déduction des cotisations obligatoires (santé et pension) et de certaines déductions et exemptions permises sur le salaire brut. Les déductions et exemptions courantes incluent :
- Cotisations sociales obligatoires (part de l’employé : santé et pension).
- Déduction pour personnes à charge (limité).
- Intérêts payés sur les prêts immobiliers (limité).
- Cotisations volontaires aux fonds de pension (limité).
- Cotisations volontaires aux comptes d’épargne santé (limité).
- Une exonération générale équivalente à 25 % du revenu brut de travail (limité).
La retenue mensuelle d’impôt est calculée à partir d’un tableau basé sur les valeurs UVT. Le taux d’imposition augmente lorsque le revenu imposable dépasse certains seuils UVT.
Voici un exemple illustratif d’un éventuel tableau de retenue d’impôt mensuel pour 2026 (basé sur la loi en vigueur et la structure UVT, avec mise à jour des valeurs UVT spécifiques pour 2026) :
| Plage de revenu imposable (en UVT) | Taux marginal | Impôt à la limite inférieure (en UVT) |
|---|---|---|
| 0 à 1 090 | 0 % | 0 |
| > 1 090 à 1 700 | 19 % | 0 |
| > 1 700 à 4 100 | 28 % | 115,7 |
| > 4 100 à 8 670 | 33 % | 582,7 |
| > 8 670 à 18 970 | 35 % | 1 509,7 |
| > 18 970 à 31 000 | 37 % | 3 535,7 |
| > 31 000 | 39 % | 7 419,7 |
Remarque : La valeur UVT pour 2026 sera publiée par la DIAN. Le calcul consiste à convertir le revenu imposable mensuel en UVT, à déterminer la plage correspondante, puis à appliquer la formule : (Revenu imposable en UVT – Limite inférieure UVT) * Taux marginal + Impôt à la limite inférieure UVT.
Les employeurs doivent effectuer ce calcul mensuellement et verser les montants retenus à la DIAN.
Déductions et allocations fiscales pour les employés
Les employés peuvent bénéficier de plusieurs déductions et allocations qui réduisent leur revenu imposable tant pour la retenue mensuelle que pour leur déclaration annuelle d’impôt sur le revenu. Celles-ci sont soumises à des limites spécifiques, souvent exprimées en UVT ou en pourcentage du revenu.
Les principales déductions et allocations pour les employés incluent :
- Cotisations sociales obligatoires santé et pension : la part de l’employé (4 % pour chaque) est entièrement déductible.
- Personnes à charge : une déduction est accordée pour les personnes à charge (conjoint/partenaire, enfants, parents) répondant à certains critères, généralement limitée à un pourcentage du revenu ou un plafond en UVT par mois.
- Intérêts sur prêts immobiliers : les intérêts payés sur des prêts pour la maison sont déductibles, sous réserve d’un plafond annuel en UVT.
- Cotisations volontaires à la pension (APV) : les contributions aux fonds de pension volontaires sont déductibles, dans la limite (pourcentage du revenu et plafond annuel UVT).
- Contributions volontaires aux comptes d’épargne santé (AFC) : déductibles, sous limite (pourcentage du revenu et plafond annuel UVT).
- Frais spécifiques : déductions limitées peuvent être disponibles pour certains frais de formation ou de santé, selon les règles et limites en vigueur.
- Revenu exonéré de 25 % : une exonération générale équivalente à 25 % du revenu brut de travail après déduction des cotisations obligatoires et autres déductions, sous réserve d’un plafond annuel en UVT.
Il est essentiel que les employés fournissent à leur employeur les documents nécessaires pour pouvoir bénéficier de ces déductions lors de la retenue mensuelle. Pour la déclaration annuelle d’impôt, ils doivent rassembler tous les certificats et reçus pertinents.
Délais de conformité fiscale et de reporting
Les employeurs en Colombie ont plusieurs obligations continues en matière de conformité fiscale et de reporting :
- Contributions sociales et parafiscales mensuelles : paiement dû chaque mois via le système PILA. Les échéances varient selon le NIT de l’employeur.
- Retenue à la source de l’impôt sur le revenu mensuelle (Retención en la Fuente) : les montants retenus sur les salaires doivent être déclarés et versés à la DIAN chaque mois. Les échéances varient selon le NIT de l’employeur.
- Déclarations annuelles (Medios Magnéticos) : obligation de déposer chaque année des rapports à la DIAN détaillant paiements, retenues, etc., généralement dans les premiers mois suivant l’année fiscale.
- Déclaration annuelle de l’impôt sur le revenu (pour les employés) : ceux dont le revenu ou le patrimoine annuel dépassent certains seuils doivent déposer une déclaration annuelle. Si ce n’est pas leur responsabilité, ce sont les employeurs qui fournissent les certificats de revenus et retenues (Certificado de Ingresos y Retenciones). Les délais pour l’année fiscale se situent généralement dans la seconde moitié de l’année, selon les derniers chiffres du NIT.
Respecter ces échéances et être organisé est essentiel pour assurer la conformité.
Considérations fiscales particulières pour les travailleurs étrangers et les sociétés
Employer des travailleurs étrangers ou opérer en tant que société étrangère en Colombie soulève des considérations fiscales spécifiques :
- Résidence fiscale : Le statut de résident fiscal dépend fortement de la durée dans le pays. Un individu est généralement considéré comme résident fiscal s’il reste plus de 183 jours sur une période de 365 jours. Les résidents sont imposés sur leur revenu mondial, tandis que les non-résidents le sont généralement uniquement sur leurs revenus de source colombienne.
- Retenue à la source pour les non-résidents : Les revenus versés à des employés ou contractants non résidents pour des services rendus en Colombie sont soumis à un taux fixe de retenue à la source, généralement plus élevé que pour les résidents, avec moins de déductions autorisées.
- Conventions de double imposition : La Colombie a conclu des accords avec plusieurs pays. Ces conventions peuvent modifier les obligations fiscales des travailleurs et sociétés étrangers en offrant des exonérations ou des taux de retenue différents. Il est conseillé de consulter le traité pertinent si existant.
- Établissement permanent : Une société étrangère peut être réputée avoir un établissement permanent en Colombie si elle exerce des activités commerciales dans le pays pour une période significative ou via un agent dépendant. Ceci peut entraîner des obligations fiscales (corporate tax).
- Statut d’immigration : Le statut d’immigration du travailleur influence sa capacité à travailler légalement et peut impacter ses obligations fiscales et sociales.
Les sociétés étrangères employant des travailleurs en Colombie, qu’ils soient locaux ou expatriés, doivent naviguer dans ces complexités, souvent en planifiant soigneusement leur résidence fiscale, la structuration de leurs contrats, et leur conformité à la fois fiscale et immigration.
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