Naviguer dans les complexités de la paie et des taxes sur l'emploi est un aspect fondamental de l'exploitation au Canada, impactant à la fois les employeurs et les employés. Le système fiscal canadien est un mélange de exigences fédérales et provinciales, nécessitant une attention particulière aux détails pour assurer la conformité et une rémunération précise. Les employeurs jouent un rôle crucial dans la retenue et le versement de diverses taxes et cotisations au nom de leurs employés, tandis que les employés bénéficient de déductions et crédits qui influencent leur responsabilité fiscale finale. Comprendre ces obligations et droits est essentiel pour un fonctionnement fluide de la paie et une planification financière efficace pour toutes les parties concernées.
Ce guide présente les principales obligations fiscales des employeurs et les considérations fiscales des employés dans le cadre canadien, fournissant des informations essentielles pour gérer la paie efficacement en 2026. Il couvre les cotisations obligatoires que doivent verser les employeurs, l'impôt sur le revenu que doivent retenir, les déductions courantes disponibles pour les employés, les échéances cruciales de déclaration, ainsi que des points spécifiques liés aux travailleurs étrangers et aux entreprises opérant au Canada.
Obligations en matière de sécurité sociale et de taxes sur la paie pour l'employeur
Les employeurs au Canada sont responsables de contribuer à plusieurs programmes obligatoires en fonction des gains assurables et des gains pensionnables de leurs employés. Les principaux programmes fédéraux sont le Canada Pension Plan (CPP) et l'Employment Insurance (EI). Le Québec dispose de ses propres programmes parallèles, le Québec Pension Plan (QPP) et le Quebec Parental Insurance Plan (QPIP), qui remplacent ou complètent les programmes fédéraux pour les employés travaillant dans cette province.
Canada Pension Plan (CPP) / Quebec Pension Plan (QPP)
Les employeurs et les employés cotisent au CPP (ou QPP au Québec). Ces cotisations assurent des pensions de retraite, des prestations d'invalidité et des prestations de survivants. Les cotisations sont calculées en fonction des gains pensionnables d’un employé, jusqu’à un plafond annuel. Il existe également un montant d’exemption de base en dessous duquel aucune cotisation n’est requise.
Pour 2026, les taux et seuils exacts sont les suivants :
| CPP / QPP | Taux (Employé) | Taux (Employeur) | Maximum des gains pensionnables (YMPE) | Exemption de base | Cotisation maximale (Employé) | Cotisation maximale (Employeur) |
|---|---|---|---|---|---|---|
| CPP | 5,95 % | 5,95 % | 74 600 $ | 3 500 $ | 4 230,45 $ | 4 230,45 $ |
| QPP | 6,30 % | 6,30 % | 74 600 $ | 3 500 $ | 4 479,30 $ | 4 479,30 $ |
De plus, pour les gains compris entre le YMPE et le Maximum Pensionnable Annuel Supplémentaire (YAMPE), une contribution additionnelle s’applique :
| Contribution additionnelle | Taux (Employé) | Taux (Employeur) | YAMPE | Montant additionnel maximum (Employé) | Montant additionnel maximum (Employeur) |
|---|---|---|---|---|---|
| CPP2 / QPP2 | 4,00 % | 4,00 % | 85 000 $ | 416,00 $ | 416,00 $ |
Les employeurs doivent reverser à l’Agence du Revenu du Canada (ARC) ou à Revenu Québec leur part et celle de leurs employés pour les cotisations CPP/QPP.
Employment Insurance (EI) / Quebec Parental Insurance Plan (QPIP)
L’EI fournit un soutien temporaire de revenu aux travailleurs au chômage, en congé de maternité/paternité, en maladie, etc. Le QPIP offre des prestations aux résidents du Québec pour les congés de maternité, paternité, parental et d’adoption.
Les cotisations EI sont basées sur les gains assurables de l’employé jusqu’à un plafond annuel. Le taux de cotisation de l’employeur est 1,4 fois le taux de l’employé. Les employés du Québec paient un taux d’EI plus faible car ils contribuent au QPIP au lieu de recevoir des prestations de maternité/paternité EI.
| EI | Taux (Employé) | Taux (Employeur) | Gains assurables maximaux (GAM) | Cotisation maximale (Employé) | Cotisation maximale (Employeur) |
|---|---|---|---|---|---|
| Taux standard | 1,63 % | 2,282 % | 68 900 $ | 1 123,07 $ | 1 572,30 $ |
| QPIP | Taux (Employé) | Taux (Employeur) | Gains assurables maximaux | Cotisation maximale (Employé) | Cotisation maximale (Employeur) |
|---|---|---|---|---|---|
| Taux standard | 0,494 % | 0,688 % | 98 000 $ | 484,12 $ | 678,16 $ |
Les employeurs doivent reverser à la fois leur part et celle de leurs employés pour les cotisations EI et QPIP.
Exigences en matière de retenue d'impôt sur le revenu
Les employeurs sont tenus de retenir l’impôt fédéral et provincial sur le revenu de la rémunération de leurs employés. Le montant à retenir dépend de plusieurs facteurs :
- La rémunération totale de l’employé (salaire, wages, bonus, avantages imposables, etc.).
- Les crédits d’impôt réclamés par l’employé sur leurs formulaires TD1 (fédéral et provincial). Ces formulaires indiquent les montants de crédits d’impôt personnels auxquels l’employé a droit, ce qui réduit le montant de l’impôt retenu à la source.
- Les taux d’imposition fédéraux et provinciaux applicables au niveau de revenu de l’employé. Le Canada a un système d’imposition progressif, c’est-à-dire que les revenus plus élevés sont taxés à des taux plus élevés.
Les employeurs utilisent des tables de retenue sur la paie ou un logiciel certifié fourni par l’ARC et Revenu Québec pour calculer le montant correct d’impôt fédéral et provincial à retenir pour chaque période de paie. Ces tables intègrent les tranches d’imposition et les taux en vigueur, ajustés selon les crédits d’impôt réclamés par l’employé.
Les taux et tranches provinciaux varient considérablement selon le Canada. Les employeurs doivent appliquer les taux et règles spécifiques à la province ou territoire où l’employé travaille.
Déductions et crédits d’impôt pour les employés
Si les employeurs sont responsables de la retenue d’impôt, les employés peuvent bénéficier de diverses déductions et crédits d’impôt non remboursables qui réduisent leur charge fiscale globale lors de la déclaration annuelle de revenus. Certains de ces montants sont intégrés dans le calcul de la retenue à la source via les formulaires TD1, tandis que d’autres sont réclamés lors de la déclaration.
Les déductions et crédits courants incluent :
- Montant personnel de base : Un crédit d’impôt non remboursable disponible pour toutes les personnes. Le montant varie selon fédéral et provincial.
- Cotisations CPP/QPP et EI/QPIP : La part de l’employé de ces cotisations est généralement déductible ou donne droit à un crédit d’impôt.
- Cotisations à un Régime de pension agréé (RPA) : Les cotisations de l’employé à un RPA sont déductibles.
- Cotisations à un Régime enregistré d’épargne-retraite (REER) : Les cotisations de l’employé à un REER sont déductibles, dans la limite des plafonds.
- Frais de syndicat ou de profession : Les montants versés à un syndicat ou à une organisation professionnelle peuvent être déductibles.
- Frais de garde d’enfants : Déductibles pour les personnes éligibles.
- Dépenses médicales : Les dépenses médicales admissibles dépassant un certain seuil peuvent être réclamées comme crédit d’impôt non remboursable.
- Dons de charité : Les dons admissibles peuvent être réclamés comme crédit d’impôt non remboursable.
- Montant pour l’emploi au Canada : Un crédit d’impôt non remboursable pour aider les employés avec les dépenses liées au travail.
Les employés indiquent certains de ces crédits sur leurs formulaires TD1 pour réduire l’impôt retenu à la source. D’autres déductions et crédits sont calculés et réclamés lors de la déclaration annuelle du T1 général.
Délais de conformité fiscale et de déclaration
Les employeurs ont des obligations strictes concernant la reversement des impôts retenus et cotisations, ainsi que la déclaration annuelle d’information.
- Versement des retenues à la source : Les employeurs doivent reverser l’impôt sur le revenu, le CPP/QPP et l’EI/QPIP retenus, ainsi que leurs propres cotisations, à l’ARC ou à Revenu Québec. La fréquence des versements (mensuelle, trimestrielle ou plus fréquente) dépend du montant moyen de retenue mensuelle deux ans auparavant. Les gros volumes de paie exigent des versements plus fréquents.
- Déclaration des déclarations d’information : Annuellement, les employeurs doivent préparer et déposer des déclarations d’information résumant la rémunération totale versée et les montants totaux retenus pour chaque employé.
- Feuilles T4 (Déclaration de rémunération versée) : Pour les employés hors Québec, les T4 doivent être remis aux employés et déposés à l’ARC avant la dernière journée de février suivant l’année civile concernée.
- Feuilles RL-1 (Relevé 1 - Emploi et autres revenus) : Pour les employés au Québec, RL-1 doivent être remis aux employés et déposés à Revenu Québec avant la dernière journée de février.
- Feuilles T4A (Déclaration de pension, retraite, rente et autres revenus) : Utilisées pour déclarer d’autres types de revenus, comme certains avantages ou paiements à des personnes qui ne sont pas des employés.
- Formulaires de résumé : Les employeurs doivent également déposer des formulaires de synthèse (T4 Résumé, RL-1 Résumé) pour concilier les montants totaux déclarés sur les feuilles individuelles avec les montants totaux versés tout au long de l’année.
Le non-respect des échéances de versement ou de dépôt des déclarations d’information peut entraîner des pénalités et des intérêts importants.
Considérations fiscales particulières pour les travailleurs étrangers et les entreprises
Employer des travailleurs étrangers ou exploiter une entreprise étrangère avec des employés au Canada introduit des complexités fiscales supplémentaires.
- Résidence fiscale : Les obligations fiscales des travailleurs étrangers au Canada dépendent de leur statut de résidence fiscale (résident, non-résident ou résident réputé). Les résidents sont imposés sur leur revenu mondial, tandis que les non-résidents sont généralement imposés uniquement sur les revenus de source canadienne.
- Numéro d’assurance sociale (NAS) : Les travailleurs étrangers autorisés à travailler au Canada doivent obtenir un NAS pour être inclus dans la paie et à des fins fiscales.
- Conventions fiscales : Le Canada a des conventions fiscales avec de nombreux pays pour éviter la double imposition. Ces conventions peuvent influencer les obligations fiscales des non-résidents travaillant au Canada et peuvent réduire ou éliminer l’impôt canadien sur certains types de revenu.
- Établissement permanent : Pour les entreprises étrangères, établir un "établissement permanent" au Canada (par exemple, avoir un lieu d'affaires fixe ou un agent dépendant ayant autorité pour conclure des contrats) peut déclencher des obligations fiscales sur les sociétés canadiennes et des obligations de rapport de la paie.
- Retenues pour non-résidents : Des règles spécifiques de retenue à la source peuvent s’appliquer aux paiements effectués aux non-résidents pour des services rendus au Canada.
Gérer la paie pour des travailleurs étrangers nécessite une considération attentive du statut d’immigration, des règles de résidence fiscale, et des conventions fiscales applicables pour assurer la conformité avec la législation fiscale canadienne et éventuellement étrangère. Les entreprises étrangères employant du personnel au Canada, même sans bureau traditionnel, peuvent avoir des obligations importantes en tant qu’employeur selon la nature et la durée du travail effectué au Canada.
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