Pour les entreprises employant des talents aux Pays-Bas, comprendre l'approche locale en matière d’arrêt maladie est une exigence légale. Le droit du travail néerlandais présente un cadre qui impose des responsabilités aux employeurs tout en offrant de fortes protections aux employés.
Le système repose sur un principe fondamental : si un employé est malade, il est attendu qu’il reste chez lui pour se rétablir, sans craindre de perdre ses revenus ou son emploi. Cet article explique les règles essentielles concernant l’arrêt maladie aux Pays-Bas, en précisant ce que les employés et les employeurs doivent connaître à propos des droits, des obligations et du calcul des indemnités de maladie.
Qu’est-ce que l’arrêt maladie aux Pays-Bas ?
Aux Pays-Bas, l’arrêt maladie est un droit conçu pour assurer la protection de l’emploi et la sécurité du revenu lorsque un employé ne peut pas travailler en raison d’une maladie. Si vous êtes malade et incapable de travailler, vous avez le droit de rester chez vous et de vous rétablir, tout en percevant votre salaire.
Cette approche est culturellement intégrée, car déclarer une maladie n’est généralement pas mal vu. Les employeurs et la loi attendent de vous que vous restiez chez vous si vous êtes mal portants.
La philosophie est que une bonne récupération profite à la fois à l’employé et à l’employeur à long terme. Tout le monde, des titulaires de contrats permanents à ceux en contrats temporaires, bénéficie de la même allocation de deux ans.
Les principes clés du système néerlandais sont :
- Restez chez vous si vous êtes malade : c’est la démarche attendue.
- Protection du revenu : Les employés continuent de percevoir un pourcentage de leur salaire jusqu’à deux ans.
- Sécurité de l’emploi : Les employeurs ne peuvent pas simplement licencier un employé pour cause de maladie.
- Réintégration active : L’employeur et l’employé doivent collaborer pour faciliter un retour au travail.
Droits de l’employé pendant l’arrêt maladie
Les employés aux Pays-Bas bénéficient de protections solides durant leurs périodes de maladie, leur permettant de se concentrer sur leur rétablissement sans stress financier ou professionnel.
Le droit à un congé payé et à la protection de l’emploi
Le pilier des droits des employés est le droit aux indemnités de maladie aux Pays-Bas. Par la loi, les employeurs doivent continuer à payer au moins 70 % du dernier salaire perçu par l’employé pendant un maximum de 104 semaines (deux ans).
Pendant la première année de maladie, ce 70 % doit au minimum être équivalent au salaire minimum néerlandais. Dans la deuxième année, il peut être inférieur à ce seuil. De nombreuses entreprises proposent des conditions plus avantageuses via des accords collectifs de travail (CAO) ou des contrats individuels, comme le versement de 100 % du salaire pendant une période initiale.
Important : votre emploi est protégé. Votre employeur n’est pas autorisé à vous licencier simplement pendant votre arrêt maladie. Il doit suivre des procédures légales normales, souvent strictes, pour terminer un contrat de travail.
Déclaration de maladie et confidentialité médicale
Si vous tombez malade un jour de travail, vous devez le signaler à votre employeur dès que possible, en suivant la procédure officielle de votre entreprise. Une protection essentielle de la vie privée selon les règles néerlandaises en matière d’arrêt maladie est que vous n’êtes pas obligé de divulguer la nature de votre maladie, et votre employeur ne peut pas demander cette information. En revanche, il peut vous demander quand vous pensez pouvoir reprendre le travail.
Une question fréquente concerne la nécessité d’un certificat médical. En général, vous n’avez pas besoin d’un certificat médical pour signaler une maladie. Toutefois, toutes les entreprises sont tenues d’utiliser un Service de Santé et de Sécurité au Travail.
Si votre maladie dure plus de quelques jours, le Arbodienst ou un médecin d’entreprise (bedrijfsarts) peut vous contacter. Le bedrijfsarts est un professionnel extérieur chargé de faciliter votre récupération et votre retour au travail, et non de partager des détails médicaux avec votre employeur.
Cas particuliers : Maladie de longue durée et santé mentale
L’allocation de deux ans s’applique à toutes les maladies, y compris les maladies de longue durée et les problèmes de santé mentale comme le burnout. Le burnout est pris très au sérieux aux Pays-Bas et constitue une raison valable pour prendre un arrêt maladie.
Après deux ans de maladie, si vous êtes toujours incapable de travailler, la situation évolue. Votre employeur peut alors résilier votre contrat, et vous pouvez devenir éligible à des indemnités maladie versées par le gouvernement via l’UWV, notamment en vertu de la Loi sur le travail et le revenus.
Obligations de l’employeur
Le droit néerlandais impose un ensemble clair et exigeant de devoirs aux employeurs lorsqu’un employé tombe malade. La conformité proactive et documentée est essentielle pour éviter de lourdes sanctions financières.
Paiement continu des salaires et tenue de registres
L’obligation immédiate consiste à continuer à payer les salaires. Comme indiqué, cela signifie verser au moins 70 % du salaire de l’employé pendant jusqu’à deux ans. Cette obligation concerne les employés en contrats permanents, contrats à durée déterminée, et les travailleurs sur appel.
De plus, la tenue minutieuse de registres est cruciale. Les employeurs doivent conserver un rapport de retour au travail qui enregistre tous les accords, activités, plans d’action et rapports de réintégration.
Le processus de réintégration
La responsabilité de l’employeur va bien au-delà de verser des chèques lors de l’embauche aux Pays-Bas. Il est légalement tenu de coopérer activement avec l’employé pour permettre un retour au travail « aussi rapidement que possible et de manière responsable ». Ce processus, appelé réintégration, est un effort structuré.
Le tableau suivant résume les principales étapes et délais de réintégration que doit suivre un employeur :
| Timing |
Obligation clé de réintégration |
| Première semaine |
Consulter le médecin du travail ou le service de santé au travail |
| 6ème semaine |
Le médecin d’entreprise réalise une analyse des problèmes |
| 8ème semaine |
Établir un plan d’action avec l’employé |
| Toutes les 6 semaines |
Tenir des réunions de progrès avec l’employé et en documenter les résultats |
| Tout au long |
Adapter les tâches, les horaires de travail, ou l’équipement si possible |
L’objectif est de faire revenir l’employé à son poste initial ou, si cela n’est pas possible, de lui proposer un travail alternatif adapté au sein de l’entreprise ou même chez un autre employeur. Notez que l’employeur supporte les coûts liés à cette réintégration.
Notifications et risques juridiques
Les employeurs doivent notifier le Arbodienst lorsqu’un employé signale une maladie. Pour les maladies dépassant 42 semaines, il faut informer l’UWV. Les conséquences en cas de non-respect de ces obligations de réintégration sont sévères.
Si un employeur ne respecte pas ses devoirs, l’UWV peut imposer une sanction salariale, obligeant l’employeur à payer le salaire pendant 52 semaines supplémentaires en plus des 104 semaines standard. Dans les cas graves, l’employé peut également réclamer une compensation financière importante, avec des jugements pouvant atteindre des dizaines de milliers d’euros.
Comprendre le calcul des indemnités de maladie est crucial tant pour les employeurs gérant la paie que pour les employés planifiant leurs finances pendant leur absence.
Règles de base du calcul
La règle fondamentale est qu’un employé en arrêt maladie aux Pays-Bas perçoit au minimum 70 % de son salaire normal pendant jusqu’à deux ans. Ce calcul inclut non seulement le salaire de base mais aussi au moins 70 % de tous les éléments de rémunération réguliers que l’employé aurait perçus, tels que les heures supplémentaires, les allocations personnelles et autres avantages.
Le calcul se décompose généralement en deux phases :
- Première année de maladie : vous versez 70 % du salaire de l’employé, et vous devez compléter ce montant si cela descend en-dessous du salaire minimum légal.
- Deuxième année de maladie : vous continuez de verser 70 % du salaire, mais vous n’avez pas l’obligation de compléter jusqu’au salaire minimum.
Il est important de noter que les employeurs peuvent utiliser jusqu’à deux « jours de waiting » au début de l’absence, ce qui signifie que l’indemnité de maladie ne doit pas nécessairement commencer dès le premier jour.
Variations selon le type d’emploi
- Grossesse et don d’organes : si l’arrêt maladie est dû à la grossesse, à l’accouchement ou au don d’organes, l’employeur doit payer 100 % du salaire normal.
- Employés sur appel : pour les salariés en contrat zéro heure, l’employeur doit continuer à payer si le salarié tombe malade lors d’une période d’appel. Le paiement continue jusqu’à la fin de la période d’appel convenue.
- Fin de contrat : si un contrat à durée déterminée se termine alors que l’employé est toujours malade et avant la fin des deux ans, l’obligation de payer le salaire s’arrête. L’employeur doit signaler la maladie de l’employé à l’UWV le dernier jour du contrat, et l’employé peut alors prétendre à des indemnités de l’UWV.
Les obligations néerlandaises en matière d’arrêt maladie sont complexes et très axées sur l’employeur. Ainsi, un Employer of Record peut être utile pour les employés comme pour les employeurs. Le EOR est particulièrement pertinent pour les entreprises dont les employés souhaitent s’installer aux Pays-Bas mais qui ne disposent pas d’une entité juridique locale pour gérer ces obligations.
Un EOR fiable :
- Agit en tant qu’employeur légal aux Pays-Bas, garantissant une conformité totale avec le droit du travail néerlandais
- Gère les obligations liées aux indemnités de maladie, y compris les indemnités de longue durée jusqu’à 104 semaines
- Supervise toute la communication nécessaire avec les autorités néerlandaises, le service de santé au travail (Arbodienst), et les processus de réintégration
- Fournit des contrats de travail néerlandais conformes et garantit la gestion correcte de la paie ainsi que le paiement des cotisations sociales et fiscales
- Réduit les risques pour l’employeur liés à la maladie, à l’échec de la réintégration, à la mauvaise classification des travailleurs ou aux sanctions pour non-conformité
- Permet aux entreprises d’employer légalement des travailleurs basés aux Pays-Bas sans devoir créer une entité locale ou gérer elles-mêmes les règles d’arrêt maladie néerlandaises
Dernières réflexions
Gérer le système néerlandais d’arrêt maladie demande une attention méticuleuse aux détails juridiques, depuis le calcul des indemnités jusqu’à la gestion du processus de réintégration complexe sur deux ans. Pour les entreprises internationales, le non-respect des règles comporte des risques financiers et légaux importants. C’est pourquoi s’associer à Rivermate offre une solution solide.
En agissant en tant que Employer of Record (EOR) aux Pays-Bas, Rivermate assume l’entière responsabilité légale pour vos talents, garantissant un strict respect de toutes les règles relatives à l’arrêt maladie. Cela vous permet de vous concentrer sur vos objectifs commerciaux tout en restant en parfaite conformité avec les lois du travail néerlandaises.
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Foire aux questions
Mon employeur peut-il me licencier pendant mon arrêt maladie ?
Non, votre employeur ne peut pas simplement vous licencier pour cause de maladie. Il est interdit de résilier votre contrat de travail pendant votre arrêt maladie.
Il doit suivre les procédures légales normales pour un licenciement, qui sont strictes. Après deux ans de maladie, l’employeur a la possibilité de mettre fin au contrat.
Que se passe-t-il si je tombe malade pendant mes vacances ?
Si vous tombez malade pendant vos vacances prévues et que vous en informez directement votre employeur, il est possible de requalifier ces jours en indemnités maladie payées au lieu de congés. Cela vous permet de préserver votre droit aux congés lorsque vous êtes réellement en bonne santé et en capacité de les apprécier.
Quelles sont mes obligations en tant qu’employé malade ?
Vous devez coopérer activement à votre réintégration. Cela inclut de discuter de votre santé avec le médecin du travail, d’assister aux réunions de suivi avec votre employeur, d’aider à élaborer et à approuver le plan d’action, et d’accepter tout travail adapté qui vous sera proposé.
Le non-respect de cette coopération peut entraîner une suspension de votre salaire, voire un licenciement.