Naviguer dans la complexité de la résiliation d’un emploi au Cameroun nécessite une compréhension approfondie des lois et procédures du travail locales. Le processus est principalement régulé par le Code du travail, qui énonce des exigences spécifiques pour les employeurs concernant les périodes de préavis, les motifs de licenciement, les étapes procédurales et les droits à l’indemnité de départ. Il est crucial de respecter strictement ces réglementations pour assurer la conformité et éviter d’éventuels litiges ou réclamations pour licenciement abusif.
Les employeurs doivent être vigilants dans le suivi des étapes légalement imposées pour mettre fin à une relation de travail, que la résiliation soit initiée par l’employeur ou par l’employé, et qu’elle soit pour cause ou pour d’autres raisons. Une documentation appropriée et le respect des délais constituent les éléments clés d’un processus de résiliation légal dans le pays.
Exigences relatives au délai de préavis
Lors de la résiliation d’un contrat de travail à durée indéterminée au Cameroun, une période de préavis obligatoire doit généralement être respectée par la partie initiant la résiliation. La durée de ce préavis varie selon la catégorie de l’employé et la durée de service. L’objectif du préavis est de permettre à l’employé de rechercher un nouvel emploi ou à l’employeur de trouver un remplaçant.
Les durées minimales de préavis sont généralement stipulées par le Code du travail ou les conventions collectives applicables. Le non-respect du préavis requis entraîne généralement l’obligation pour l’employeur de verser une indemnité de préavis équivalente au salaire et aux avantages de l’employé pour la durée de ce préavis.
Voici les durées minimales typiques selon la catégorie d’employé :
| Catégorie d’employé | Durée minimale de préavis |
|---|---|
| Categories I à VI et travailleurs domestiques (moins de 1 an de service) | 15 jours |
| Categories I à VI et travailleurs domestiques (1 à 5 ans de service) | 1 mois |
| Categories I à VI et travailleurs domestiques (plus de 5 ans de service) | 2 mois |
| Categories VII à IX (moins de 1 an de service) | 1 mois |
| Categories VII à IX (1 à 5 ans de service) | 2 mois |
| Categories VII à IX (plus de 5 ans de service) | 3 mois |
| Categories X à XII (moins de 1 an de service) | 1 mois |
| Categories X à XII (1 à 5 ans de service) | 3 mois |
| Categories X à XII (plus de 5 ans de service) | 4 mois |
Note : Les conventions collectives peuvent prévoir des périodes de préavis plus longues.
Indemnité de départ
Les employés dont le contrat de travail à durée indéterminée est résilié par l’employeur ont généralement droit à une indemnité de départ, à conditionqu’ils aient effectué une durée minimale de service dans l’entreprise. Cette indemnité s’applique sauf si la résiliation est due à une faute grave de l’employé.
Le calcul de cette indemnité repose sur la durée de service de l’employé et son salaire mensuel moyen des douze derniers mois d’emploi. Le Code du travail prévoit une formule spécifique pour ce calcul.
La formule de calcul de l’indemnité de départ est généralement :
Indemnité de départ = (Pourcentage basé sur l’ancienneté) * (Salaire mensuel moyen sur les 12 derniers mois)
Les pourcentages habituellement appliqués sont :
- 20 % du salaire mensuel moyen par année de service pour les 5 premières années.
- 25 % du salaire mensuel moyen pour chaque année de service à partir de la 6ème jusqu’à la 10ème.
- 30 % du salaire mensuel moyen pour chaque année de service de la 11ème à la 15ème.
- 35 % du salaire mensuel moyen pour chaque année de service de la 16ème à la 20ème.
- 40 % du salaire mensuel moyen pour chaque année au-delà de la 21ème année.
Exemple de calcul : Un employé avec 7 ans d’ancienneté et un salaire mensuel moyen X percevrait : (5 * 0.20 * X) + (2 * 0.25 * X) = (1.00 * X) + (0.50 * X) = 1.50 * X.
L’indemnité de départ est calculée en fonction des années complètes de service, toute fraction d’année égale ou supérieure à six mois comptant comme une année entière pour le calcul.
Motifs de résiliation
Les contrats de travail au Cameroun peuvent être résiliés pour diverses raisons, qui se classent généralement en résiliation avec cause et résiliation sans cause. La distinction est cruciale car elle influence le droit de l’employé à un préavis et à une indemnité de départ, ainsi que les démarches procédurales.
- Résiliation avec cause : Elle intervient lorsque l’employé est licencié pour faute grave ou négligence grossière. Les exemples incluent le vol, l’insubordination, les absences répétées non justifiées ou les violations graves de la politique de l’entreprise. Si la résiliation est pour faute grave, l’employeur n’est généralement pas tenu de fournir un préavis ni de payer une indemnité de départ. Cependant, la charge de la preuve de la faute grave incombe à l’employeur.
- Résiliation sans cause : Elle englobe les résiliations pour des raisons économiques (licenciement pour motif économique, restructuration), des changements technologiques ou d’autres raisons non directement imputables à l’employé. La résiliation sans cause nécessite que l’employeur respecte le préavis (ou verse une indemnité en lieu et place) et verse l’indemnité de départ, si l’employé remplit les conditions de service. Des procédures spécifiques, telles que la consultation des représentants du personnel ou de l’inspection du travail, peuvent s’appliquer en cas de licenciements collectifs.
Procédures légales de résiliation
Pour que la résiliation soit légale et résiste à d’éventuels recours, l’employeur doit suivre des étapes procédurales spécifiques décrites dans le Code du travail et ses règlements connexes. Ces étapes visent à protéger les droits des employés et à garantir l’équité.
La procédure classique pour une résiliation individuelle pour cause comprend :
- Notification écrite : L’employeur doit notifier par écrit à l’employé son intention de résilier le contrat et les motifs précis de cette résiliation. La lettre doit clairement indiquer la faute ou le motif allégué.
- Entretien/Rencontre : L’employé doit avoir la possibilité de présenter sa défense, oralement ou par écrit, concernant les accusations. Cette rencontre doit idéalement se tenir en présence d’un témoin, comme un représentant du personnel.
- Décision et lettre de résiliation : Après avoir examiné la défense de l’employé, l’employeur prend une décision finale. Si la décision est de résilier, une lettre de résiliation doit être remise à l’employé. Cette lettre doit rappeler les motifs de la résiliation et la date d’effet.
- Règlement final : L’employeur doit calculer et payer toutes les sommes dues, y compris le salaire impayé, l’indemnité de congés accumulés, et éventuellement l’indemnité de départ.
- Documentation : Fournir à l’employé un certificat de travail précisant la période d’emploi et la nature du travail effectué. Un dernier bulletin de salaire doit également être fourni.
Les principaux pièges incluent l’omission de fournir une notification écrite, le manque d’opportunité pour l’employé de s’exprimer, une preuve insuffisante de faute grave ou le non-paiement correct et rapide des droits finaux.
Protection contre le licenciement abusif
Le droit du travail camerounais offre une protection aux employés contre le licenciement abusif. Un licenciement est considéré comme abusif s’il est effectué sans motif valable (cause) ou sans respecter la procédure légale correcte.
Si un employé pense avoir été licencié abusivement, il peut contester la résiliation. La première étape consiste généralement à chercher une conciliation via l’Inspection du travail locale. En cas d’échec de la conciliation, l’employé peut saisir le tribunal du travail compétent.
Ce tribunal examinera les motifs de la résiliation et les démarches suivies par l’employeur. Si la résiliation est jugée abusive, il peut ordonner à l’employeur de verser des dommages et intérêts à l’employé. Le montant de ces dommages est déterminé par le tribunal en fonction de facteurs tels que la durée de service, l’âge, le salaire et les circonstances de la résiliation. La réintégration est rarement ordonnée par les tribunaux mais reste une possibilité théorique. Les employeurs reconnus coupables d’un licenciement abusif peuvent faire face à d’importantes pénalités financières.
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